Ça promet
Hantavirus, primaires, présidentielle, Rolling Stones... Le monde est flou et fou, mais la bande-son est bonne. Ou presque.
Hantavirus. Il y a dans ce nom un petit côté fantomatique qui ne va pas contribuer à nourrir notre paix intérieure. L’ennemi invisible, dans une mise en scène cinématographique, un espace clos, un virus inconnu, des décès suspects. Le point de départ du film-catastrophe parfait, avec tout de même une certaine impression de déjà-vu pas particulièrement réjouissante. Quel sera l’antidote ? Qu’est-ce qui va nous permettre de nous endormir sereins ? Compter les candidats à la Présidentielle comme on compte les moutons ? À ce stade, on est de mieux en mieux lotis, la liste s’allonge chaque jour. Ça promet. Y aura-t-il des primaires ? Bonne question. Des réactions primaires, probablement. L’expression d’instincts primaires, certainement. Des comportements de classe primaire, une évidence.
Dans cette atmosphère régressive (et agressive), l’annonce d’un nouvel album des Rolling Stones est-elle une bonne nouvelle ou nous renvoie-t-elle directement à la prime enfance ? Rappelons au passage que deux des membres fondateurs, Mick et Keith, sont dans leur 83ème année et que le dernier arrivé, Ron, 78 ans, n’affiche que 50 petites années de présence dans le groupe. On apprend aussi que, de son côté, Sir Paul McCartney va nous gratifier d’un nouvel album. Pas de déclin cognitif manifestement du côté de ces vétérans. Alors qu’à Washington comme au Kremlin, les chefs à plume commencent sérieusement à laisser transparaître des signes de fébrilité cérébrale.
Alors, qu’allons-nous faire ? Nous mettre au piano et chanter La Bohème, comme notre chef d’État en pleine offensive diplomatique, nous renvoyant derechef à un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas et n’ont d’ailleurs probablement pas envie de connaître. Comme si une fois de plus nous devions, comme le disait Marshall McLuhan, regarder le futur dans le rétroviseur.


